Publié: 20 décembre 2009 par: Jérémy G.de R
Dans sa quête des 30 points avant la trêve, le PSG se devait de l’emporter hier face à Rennes. Pour se faire, Antoine Kombouaré avait fait tourner l’effectif en se passant de Makelele, Clément, Armand, Luyindula, Ceará et avait opté pour le 4231. Des choix infructueux puisque le club de la capitale s’est incliné (1-0). Après ce nouveau revers, on peut tirer plusieurs enseignements. D’abord, les joueurs manquent cruellement de hargne et ne montrent pas l’image d’une équipe compétitive, que l’on craint par dessus tout. Ensuite, certains choix de l’entraîneur peuvent être discutables ; comme ceux de faire sortir Erding pour Bourillon et de laisser Giuly sur le terrain alors que son apport était nul. Enfin, Edel a rassuré et avait l’étoffe d’un grand gardien hier ; certes, il a encaissé un but mais le score aurait pu être bien pire sans ses interventions décisives. Voilà ce qu’on peut dire au lendemain du match, avec un peu de recul. Maintenant, j’aimerais partager avec vous certains souvenirs et parler de l’avenir du club qui, à plus ou moins long terme, est menacé.
Je me souviens avoir prié de toute mon âme lors d’une séance de tirs au but qualificative en Coupe de France face à Marseille (2002). Ou encore avoir versé une ou deux larmes un soir de finale perdue l’année suivante face à Auxerre (2-1). J’ai laissé éclater ma joie sur un pénalty ô combien important transformé par Mendy face à Lens (2-1). Des émotions, avec le club de la capitale, il n’en manque pas. Je n’ai pas eu la chance de connaître la période dorée du PSG. Au départ, c’était plutôt une attirance pour la ville de Paris qui se manifestait chez moi. Par la suite, cette affection a dévié vers le club. Désormais, c’est « à la vie, à la mort« .
Pourtant, les raisons de lâcher le PSG sont légion. Des performances très médiocres en championnat (avec des coupes gagnées par ci par là), une joie de vaincre perdue, des présidents et des entraîneurs qui se succèdent fréquemment ; tout tend à démontrer que le club est en crise perpétuelle. Mais rien n’y fait, la passion reste quand même. Si l’on se désolidarise volontiers de l’équipe alignée sur le terrain, c’est beaucoup plus difficile de se mettre à rompre soudainement une promesse d’amour éternel…
Alors, comment faire pour changer la donne et que les choses bougent ? Contester reste la solution la plus efficace. Il ne s’agit pas de brûler des voitures dans la rue ni de provoquer un attentat sur Sébastien Bazin, mais plutôt de montrer et faire entendre son mécontentement à l’aide de banderoles et de chants. On l’a constaté ces dernières semaines, des slogans hostiles à Colony sont apparus, pourtant rien ne bouge. Si le patron de CC n’a pas changé d’un iota sa stratégie de gouverner, c’est pour la simple et bonne raison que l’opposition n’est pas assez grondante. Seule une minorité de supporters affichent leur colère. Or il faudrait que l’ensemble des tribunes populaires s’unissent dans ce mouvement. Ainsi le message passerait plus facilement. On a eu l’occasion de constater qu’un peu de chants hostiles à Colony avait poussé Bazin à céder sa place de président en fin de saison dernière (contre Monaco). L’expérience, renouvelée à plus grande échelle et de manière durable, provoquerait forcément une remise en cause dans les plus hautes sphères dirigeantes du club. D’autres solutions peuvent apparaître comme déserter le stade ou faire la grève des chants. En ces temps de grand froid et du peu d’enthousiasme des supporters à venir au stade, un appel réunit des associations porterait sûrement ses fruits. Vous l’aurez compris, il faut brandir notre principale arme de contestation : la voix.
Laisser les choses se faire reste encore la moins bonne des solutions. À plus ou moins long terme, la viabilité du club est menacée. Car le standing du PSG n’est désormais relayé qu’à travers ses années dorées d’autrefois, son magnifique stade et ses supporters. Un peu à l’image de Saint-Étienne finalement. Le nom du club force un respect naturel, mais l’équipe alignée n’inspire guère de craintes. Une descente en Ligue 2 suivie de plusieurs années de déboires suffiraient à faire oublier le PSG. Comprenez qu’une fois le bail du Parc obtenu, Colony Capital revendra le club aussi vite que possible. On ne le répètera jamais assez, Sébastien Bazin a racheté le club dans un but immobilier car, cela a été démontré avec le temps, il ne possède aucune aptitude pour diriger un club de football.
Le prochain match au Parc, mercredi face à Grenoble, pourrait sonner le glas de Colony si l’équipe venait à perdre. Gageons que la contestation pourrait atteindre des sommets…