Publié: 18 juin 2009 par: Jérémy G.de R
Il y a quelques années, lorsque je n’étais qu’un collégien, j’avais pour coutume de me faire acheter L’Equipe quasiment chaque jour. Lire ce quotidien était devenu pour moi un véritable loisir ; feuilleter les pages et engloutir des lignes et des lignes d’informations sportives me rendait joyeux. Mais voilà, cet enchantement n’a que très peu duré. Au fil des ans, la passion s’est effritée. Dans le même temps, mon amour pour le Paris Saint-Germain grandissait à vive allure et j’en devenais ainsi un grand supporter. Depuis quelques temps, j’ai appris à me méfier des propos rapportés par la presse écrite. Parfois irritante voire complètement tendancieuse, elle a réussi à monter certains supporters contre des personnalités du club à priori responsables – aux yeux des médias – mais au fond pas si coupables que ça.
Et pour illustrer mes propos, prenons le meilleur exemple qu’il soit actuellement : Mickaël Landreau. Décrié pour ses boulettes à répétition, le portier parisien sort clairement comme un des principaux fautifs de cette fin de saison désastreuse. Et pourtant… lorsqu’on s’attarde de plus près sur les prestations de Landreau, on s’aperçoit tout simplement qu’il fait partie des trois meilleurs gardiens français. Mais d’où sort-il cela, vous interrogez-vous sûrement. Et bien, chers lecteurs, je n’ai eu qu’à piocher dans les statistiques révélées par SportsData récemment pour m’aperçevoir que Micka avait réalisé une saison très honorable. En 38 rencontres, son taux de tirs arrêtés s’élève à 76,25%, cela en fait donc le troisième meilleur gardien du championnat derrière Douchez et Carrasso – qui le devancent de peu. Autre chiffre qui en fera bondir plus d’un, Landreau est premier en terme d’arrêts effectués avec un total de 122 (seul Douchez atteint aussi cette barre là). Alors, toujours sceptique ?
La presse – et j’englobe aussi Le Parisien – a voulu donner de l’ancien nantais l’image d’un loser. Un gardien déchu et complètement à la ramasse qui, pour avoir eu le malheur de commettre plusieurs boulettes (qui sont impardonnables, certes), se voit dans l’obligation de subir le blâme suprême de la presse. Aie, ça fait mal. Si les quotidiens changeaient leur fusil d’épaule, il n’aurait pas à chercher loin pour trouver une nouvelle victime. C’est Steve Mandanda, désigné d’office plus grand gardien d’Europe par Éric Gerets, qu’on peut mettre dans le même panier que Landreau en terme de gaffe. Seulement, la presse préfère négliger cela et tirer sur le portier parisien. Dégueulasse…
Autre persona non grata, l’entraîneur parisien Paul Le Guen. Un bilan tout à fait correct à la tête du club (une Coupe de la Ligue, un sauvetage de la relégation, des éclairs de beau jeu retrouvé) et le voilà renvoyé comme un malpropre. La faute à des dirigeants incompétents et une attaque perpétuelle des médias injustifiée à l’égard d’un mec toujours clean et avant tout respectueux de l’institution PSG. Le Guen a le club dans la peau, mais non on le vire quand même. Il a réalisé un bon parcours ? On s’en fout. Mais avec cette mentalité là, on va où ? Droit dans le mur. Certains diront que je suis pro-Le Guen et que mon ressentiment est trop flagrant. Je le reconnais. D’ailleurs, c’est en ce sens que l’éditorial de la rédaction va. Donner l’humeur sur un thème d’actualité propre au club de la capitale.
Cette semaine, j’ai voulu pointer le ridicule de la presse. Pas assez d’exemples me direz-vous. Très bien, j’en ai un autre. Dans un article daté du 2 juin (voir ici), le journaliste du Parisien Christophe Bérard s’attaque violemment à trois joueurs connus pour soutenir Le Guen : Jérôme Rothen, Sylvain Armand et, tiens comme on se retrouve, Mickaël Landreau. Et, n’ayons pas peur des mots, ces trois éléments de l’effectif parisien sont tout bonnement détruits de manière individuel. Entre un parano, un autre qui ne veut pas assumer le rôle de leader et un dernier qui ne remet pas en cause ses prestations (soit disant), il y a de quoi faire. En vérité, le portier parisien ne se fait pas des films et a bien été démoli par la presse ; de même que l’arrière gauche est vice-capitaine et possède en ce sens certaines responsabilités lorsque Makelele n’a pas l’occasion de les exprimer ; enfin, le grand amoureux du PSG a reconnu que cette saison n’était pas la meilleure sur un plan personnel ( »J’ai fait une saison moyenne, irrégulière« ). Cherchez l’erreur. Ou comment faire vendre du papier en se basant sur du vent.
Aujourd’hui, à la lecture de certains grands quotidiens, l’humeur n’est plus à la fête. Tout l’inverse. Désormais, chaque ligne provoque en moi une sensation intense de dégoût. La presse n’a pas changé, non. C’est mon point de vue sur elle qui a évolué.